-Vous pouvez vous rhabiller maintenant, je vous attends dans le bureau -
Comme tous les six mois depuis deux ans, selon un rituel parfaitement rodé, le professeur avait fini de m’ausculter : Rapides palpations, questions d’apparence anodine posées sur un ton neutre, et l’affaire, en cinq minutes, avait été entendue. Comme tous les six mois, j’avais aux aurores, fait le trajet jusqu’à l’hôpital, une enclume dans l’estomac, un joug de condamné sur les épaules. La nuit, comme tous les six mois, habitée de personnages blancs et sans visage, de machines intelligentes aux bras articulés de langoustes cannibales, m’avait laissé have et sans volonté ; une nuit engluée dans les relents nauséabonds de formol et d’antiseptique. Comme tous les six mois encore, j’avais essayé sans succès de planter mon regard dans celui du médecin, et comme tous les six mois enfin, pris d’angoisse à la vue de ce visage aussi fermé qu’une porte de prison, je luttais intérieurement pour refouler les mauvais pressentiments que son attitude absente m’inspirait.
-Installez vous- fit il, alors que j’entrais dans son bureau, agrippé à mon pantalon qu’un irrépressible tremblement m’empêchait de boutonner.
-Vous avez apporté vos scanners ?-
Bien sur que je les avais apportés, pour ce qu’ils m’avaient couté d’insomnies et d’ongles rongés! Au comble de l’appréhension, je tirai de mon cartable les épreuves que je lui tendis d’une main mal assurée. Callé à la renverse dans son fauteuil, un poing fermé sous le menton, le toubib poursuivit son office par l’examen méticuleux de mes radios. Dans le silence de tombe qui venait de s'installer, seul résonnait le froissement sinistre des photographies qu'il présentait tour à tour sous la lumière impitoyable du néon. Je transpirais l'anxiété. Une vague sensation de culpabilité m'oppressait à l'idée de ce que cet homme opaque pouvait lire dans les clichés. Certes, les commentaires du radiologue n’avaient, la semaine précédente, rien montré d’alarmant ; il n’en restait pas moins que le verdict appartenait maintenant au mandarin, et que seul son jugement déciderait de quoi seraient fait mes prochains mois. N’osant guetter les expressions du praticien, je m’accrochais aux rumeurs du couloir et aux arbustes squelettiques sur lesquels s’ouvrait l’unique fenêtre du cabinet. L’infirmière, les yeux rivés au sol, observait une immobilité de mégalithe malgré les regards anxieux que je lui adressais de temps à autre. Les secondes s'égrenaient, martelant mes tempes au rythme d'un cœur qui menaçait d'exploser à chaque battement. Enfin, brisant l’ambiance d’arène à l’heure de l’estocade, le docteur ouvrit son tiroir, en sortit un dictaphone, et tout en continuant de scruter mes viscères étalés sur les feuilles de plastique gris, entama sa fatidique litanie:
A haute voix, ponctuant chacune de ses phrases des cliquetis de l’insupportable appareil, il relisait en y ajoutant ses remarques, le compte-rendu de son confrère. Chaque organe était commenté, analysé, déballé ; et malgré la solennité de l’instant, je ne pus m’empêcher de penser à ces vendredis glacés de novembre, lorsque mon copain Roger et moi vidons le cochon en prélude aux agapes de fin d’année. Finalement, levant les yeux vers l’horizon artificiel du plafond, le professeur prit une dernière inspiration, et après un nouveau cliquetis d’insecte, laissa tomber son indiscutable sentence :
-Vingt quatre mois après l’opération clic, l’état du patient ne présente toujours pas d’évolution clic. Les marqueurs ainsi que les scanners sont normaux clic. Par conséquent clic, nous pouvons envisager l’éventualité d’une rémission définitive clic. Nous le reverrons donc dans un an clic, avec scanners et marqueurs…CLAC-
Le dictaphone venait de mettre un point final à trois semaines de douleurs somatiques, de nerfs à fleur de peau, d’abattements et de découragements. Dépourvue soudain de toute masse, l’enclume, et avec elle les langoustes aux odeurs de formol, abandonna d’un coup son antre, emportée par une bouffée de sanglots tout juste étouffés.
Un an…, trois cent soixante cinq jours en somme. Autant dire une éternité de quiétude et d’insouciance ; et comme pour mieux valider cette nouvelle réalité, quatre mots : Eventualité d’une rémission définitive. Cette phrase résonnait dans ma tête comme la dernière sonnerie avant les vacances d’été d’un écolier. Passé le soulagement, un élan d’impatience me tira du siège dans lequel les affres de la peur m’avaient enfoncé ; impatience de n’être plus, pour une longue année, un convalescent ; déjà bouillant d’aller confronter ma mauvaise santé de fer à l’air du dehors, à la piqure du vent cassant de cette fin d’avril. Enfin quitter ma condition de malade pour retrouver celle d’homme bien portant, de nouveau apte à s’inventer des projets, à imaginer un futur et à jouir sans retenue du présent. L’infirmière, jusque là de pierre, me gratifia d’un sourire de maman, et le professeur qui avait deviné mes pensées, me rendit mes clichés en me priant de laisser rapidement la place aux autres patients. En sortant de ce tribunal, j’eu bien du mal en traversant la salle d’attente, à effacer le sourire vainqueur qui se peignait sur mon visage. Mon cartable mal fermé dans une main, le pantalon toujours ouvert dans l’autre, je fuis, tel un maraudeur le lieu de son larcin, cet hôpital dont je savais trop bien les drames qui chaque jour s’y nouent.
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La route du retour m’apparut comme un départ pour un pays lointain ; un de ces voyages que l’on a préparés longtemps à l’avance, qui nous plongent dans l’euphorie et alimentent nos rêves d’aventures. En contrebas de l’autoroute, scintillait l’Arve du fond de son lit de galets blancs. Loin devant, la chaine érodée du Jura découpait ses douces courbes grises dans le bleu métallique du ciel. Il était dix heures du matin et ce lundi de printemps ensoleillé ne faisait que commencer. Un immense besoin de respirer, de gonfler mes poumons, de sentir enfin des odeurs de forets et d’entendre les bruits des sous bois me tenaillait. Pas un instant, l’idée de retourner à mon atelier ne m’effleura. Il ne pouvait être question, en un tel jour, que je m’adresse à mes semblables. Je voulais la solitude, la belle et grande solitude régénératrice, ne partager mon bonheur qu’avec moi-même. Sans y penser vraiment, l’emploi du temps de cette journée s’imposa de lui-même : J’irais incognito, me gaver de l’air pur de la Valserine qui ne m’avait pas vu depuis trop longtemps.
Bien vite, en arrivant chez moi, je chargeai mon matériel, ramassant au passage une poignée de vers de terreau, un sandwich et une belle pomme verte que je me promettais de déguster au bord de l’eau. A cette époque, je ne connaissais que la pêche au toc, et sur le chemin, je me voyais déjà, explorant les rives de mon parcours favori, à la recherche de mes complices les truites.

Arrivé à destination, par l’effet de l’altitude, le printemps avait reculé de quelques journées, laissant place à des arbres encore sans bourgeon, au milieu de prairies tachées de grands aplats immaculés. Le froid de l’air, malgré le soleil déjà haut, revigorait tout mon corps. Les oiseaux, curieux de cette visite incongrue, tournaient inquiets dans les branches des sapins alentour. Les perce-neiges blancs et mauves me racontaient les douceurs à venir, et la rivière, quelque peu enflée par la fonte, déroulait son ruban glauque irisé d’écume entre les rochers millénaires de la haute vallée. Maintenant libéré de toutes tensions, je sentais monter en moi l’instinct du chasseur, le venin du serpent à l’affut. Sans prendre le temps d’avaler mon repas, je me mis en chemin, déjà tout entier absorbé par ma quête. Tout dans ce moment me paraissait nouveau, inattendu. Je redécouvrais la rivière comme si jamais je n’y avais trainé mes cuissardes. Chaque caillou, chaque berge me promettait une surprise, une révélation. Je prenais le temps, avant toute tentative, de jauger et d’estimer longuement les veines d’eau. J’étais redevenu un prédateur attentif et concentré, avide d’appréhender ma proie. Faisant appel à ce que ma mémoire avait gardé d’anciennes expéditions sur le parcours, je remontai par postes la rivière, ratissant soigneusement toutes les caches potentielles. Au pied d’un frêne séculaire, et après avoir calculé au mieux la dérive de mon appât, je laissai glisser sous la berge profondément creusée, les deux mètres de mon bas de ligne. L’alerte ne se fit pas attendre. Deux coups péremptoires, frappés à l’extrémité de ma gaule, vinrent me signifier l’imminence d’un combat. Lentement, j’inclinai ma canne vers l’amont. Le fil se raidit. Enfin je l’avais dénichée, enfin j’allais pouvoir me confronter avec celle que j’étais venu chercher haut et loin dans ces montagnes: La vie.
C’était bien elle en effet qui se manifestait là, tapie sous les racines, vigilante et craintive. Comment d’ailleurs pouvait-il en être autrement, dans cette rivière riante et qui cascadait à travers la combe que le printemps disputait à l’hiver ? Oui, la vie était là, incertaine et hasardeuse, mais tellement réconfortante. Elle tendait et détendait le nylon, agitait le scion de carbone et faisait vibrer le manche de ma canne. Réchauffant mes doigts engourdis de froid, elle remonta le long de mon bras, promena sur mon échine un frisson de volupté, et vint inonder ma poitrine d’un puissant flot de joie. Mieux encore que de la voir, j’en ressentais les battements dans ma chair, et cela me la rendait plus imposante, inévitable. Combien, dans la pêche au toc, la comparaison entre une touche et un coup de téléphone est pertinente ! La vie me téléphonait, elle me fixait en morse le rendez vous que j’attendais depuis si longtemps. Qu’elles furent douces et rédemptrices ces secondes, que de promesses de jouissances retrouvées portaient-elles jusque dans leur fugacité ! Plusieurs fois, je relâchai et remis la tension, éprouvant à chaque élancement le bonheur de gouter à ce délice que m’offrait la rivière.

Lorsqu’à contrecœur je me décidai enfin à ferrer, dans une réaction farouche et instantanée, la vie s’agita frénétiquement sous la surface. Avec une énergie à peine contrôlable, elle remontait le courant, le traversait puis le redescendait à la vitesse d’une libellule subaquatique. A son aplomb, mon scion la suivait avec tout le bonheur et la légèreté qu’elle lui imprimait. C’était une danse désordonnée et imprévisible. Par saccades, la pointe de ma canne ployait ostensiblement, comme pour mieux m’indiquer ou était la vie. Par ici, par là ; exubérante et véloce, elle balayait le lit du torrent, marquant parfois une courte pause, hésitant sur son prochain volte-face et repartant de plus belle vers des havres illusoires. Dans cette rivière sautillante gonflait un espoir, une vague d’allégresse que je ne voulais pas endiguer.
Après une ou deux minutes de cette agitation, la vie se fit plus docile, plus calme. Opiniâtre et déterminé, je la domptais, l’usais, l’emmenant patiemment dans des zones ou sa défense devenait inutile. Bientôt, elle se dévoilerait à mon regard, bientôt, je pourrais la livrer au banc de graviers que je lui réservais. Un à un je déboitai les brins de ma canne et rembobinai lentement le nylon sur son cadre. Les tractions se faisaient de moins en moins fougueuses et je commençai à distinguer sous les flots, l’imposante et fusiforme silhouette d’une magnifique Fario. J’étais comblé. Non contente de m’avoir accueilli dans la plus stricte intimité, entre azur et crocus, la rivière me faisait don d’un de ses trésors les plus inaccessibles. Cette truite présentait une taille, qui à cet endroit, en faisait une des doyennes de la Valserine. En d’autres circonstances, une légitime fébrilité m’eut assailli ; mais là, au contraire, un calme paradoxal enveloppait chacun de mes gestes. Sans en avoir conscience, je retardais l’issue du face à face. Il y avait dans cette scène quelque chose d’anormalement simple et serein, un extrait de rêve défilant au ralenti. Je descendis dans le lit du torrent tout en enlevant le dernier brin de ma gaule. M’ayant enfin repéré, la truite s’éleva soudain au dessus de la rivière dans un coup de rein aussi vain que spectaculaire. Quelle majestueuse beauté, quelle démonstration de force rebelle et insoumise ! Jaillissant dans un feu d’artifice de gouttelettes argentées, elle parut, une fraction de seconde, se hisser sur une invisible échelle qui lui aurait ouvert le chemin du salut ; puis, victime de son propre poids, retomba dans un geyser que le courant effaça aussitôt. Quelques ruades, quelques virages encore et elle capitula enfin, se laissant glisser sans résistance sur la plage. La bataille s’achevait, la sarabande était terminée et déjà, une insidieuse mélancolie noyait d’ondes poisseuses le décor de notre affrontement.

Cette perfection de la nature gisait maintenant à mes pieds, toute à ma merci, dans sa robe jaune ponctuée de noir et rouge, battant des ouïes pour retrouver l’oxygène dont le combat et la mise au sec la privaient. Ma première impression avait été juste : Cette somptueuse capture était sans conteste une de mes plus belles affiches dans la haute vallée.
Comme à mon habitude, après l’avoir rapidement libérée de l’hameçon qui lui traversait la lèvre, je glissai mon index dans sa gueule pour lui rompre le cou. Fut-ce son regard dénué de tout sentiment ou son poids si inhabituel pour moi qui arrêta soudain mon geste? Je n’en sais toujours rien aujourd’hui ; mais il me parut soudain très clair que j’allais tuer la vie, amputer la rivière d’un de ses plus beaux membres. Une honte sourde monta en moi : Comment pouvais-je ? Ou trouver l’indifférence nécessaire pour une telle exécution? Quoi, j’allais m’ôter à moi-même ce souvenir d’une vie libre et innocente ? A la vitesse du son, repassèrent dans ma tête la scène du combat, le scintillement des éclaboussures, la forme sombre entr’aperçue, les spasmes sensuels remontant dans mon bras…; et j’allais mettre un point final et irrémédiable à tout cela !? Au nom de quoi, d’un repas ? Je n’étais pas venu ici avec l’idée de ramener du poisson mais avec celle de jouir d’une santé retrouvée. J’étais venu fêter la vie, allais-je rentrer avec un cadavre en bandoulière ? Bien que mécréant jusqu’au bout des ongles, la nausée me gagna à l’idée d’offenser une nature qui avait sous mes yeux et par deux fois aujourd’hui, célébré la vie immense et généreuse. Lentement, mon index se dégagea de la bouche du poisson. Ma main gauche, encore fermée sur son trophée, pénétra dans l’eau glacée. Il était maintenant évident que la vie devait vivre, réintégrer son territoire et poursuivre son parcours sauvage. Imperceptiblement, l’étreinte se desserra autour de l’animal, jusqu’à le libérer complètement. A ma grande surprise, plutôt que de fuir à toutes nageoires, la captive ondula sans à-coup hors de son piège, avec toute la noblesse de son rang, souveraine au royaume des grands espaces et des flots turbulents. Moi, immobile, stupéfait, je regardais cette truite glisser gracieusement vers son refuge, comme si jamais n’avaient existé les moments de frayeur qu’elle venait de vivre. Comment ne pas penser à mon début de journée ? Comment ne pas imaginer le lien que le hasard avait tissé entre cet animal sauvage et moi? Je nageais avec cette truite, j’étais cette truite, tous deux avions dépassé la terreur pour nous replonger dans l’impétueux torrent de l’existence. J’étais abasourdi, pétrifié d’admiration et de reconnaissance face à ce spectacle qui s’étirait et se jouait pour moi dans le secret de la Valserine. Arrivé au bord de sa fosse protectrice, le poisson marqua un dernier temps d’arrêt que mon naïf émerveillement interpréta comme un salut ; puis, d’un coup de caudale plein de panache, rejoignit les profondeurs familières.
Les deux mains abandonnées à l’eau glaciaire, je demeurai longtemps accroupi dans la rivière, envouté par le déroulement sans fin du courant que mon joyau avait rejoint. Sur mes rétines, restait gravée l’image de ce pur-sang s’attardant en signe de défi à la lisière de son domaine. Finalement, la morsure du froid me sortit de ma torpeur et du lit du torrent. Je m’assis contre un arbre, à quelques mètres du théâtre de mon aventure, cherchant à retrouver mes esprits et à jouir du souvenir de ces instants de grâce. Lentement, ma logique cartésienne regagnait le terrain abandonné lors du lâcher ; déjà je souriais aux arguments quasi-animistes que s’était trouvé ma sensiblerie pour justifier cette extraordinaire libération. Si rien n’expliquait plus à présent cette remise à l’eau, il devenait incontestable qu’elle serait suivie de nombreuses autres, qu’elle ne pouvait rester orpheline. Je venais de me faire l’acteur, en même temps que le spectateur, d’une cérémonie où l’étonnement le dispute à la fierté, l’élégance à la sauvagerie. Que d’émotion et de magie dans ce tableau d’une vie retournant à la vie ! Je comprenais que désormais, ce spectacle serait pour moi le luxe suprême qui couronnerait et récompenserait mes longues parties de pêche. Dans cette vallée préservée, ou chaque fois me ramène ma soif d’émerveillement, je m’éveillais d’un long sommeil maladif dans lequel les sirènes du "trophée à tout prix" m’avaient plongé. Bien sur, je savais que d’autres fois encore je tuerais certaines de mes prises ; mais dorénavant, je savais aussi que j’accomplirais ce geste avec la conscience de son irréversibilité, et qu’à ce titre, je me devais d’en peser toutes les causes et toutes les conséquences. Si de bons motifs pouvaient encore m’inciter à conserver une petite partie de mes pêches, je venais d’en découvrir un, supérieur, qui me pousserait à en libérer la plus grande. Jamais plus je ne sortirais de la rivière en brandissant, comme l’attribut d’une virilité frustrée, un poisson sacrifié au rituel pathétique des "M’as-tu-vu comme je l’ai grosse". Jamais plus je n’exhiberais une truite morte, si belle fût-elle, en témoignage de mon pouvoir ou de mes talents ; pas plus que je ne la mesurerais à l’aune d’une improbable et futile notoriété. Ce jour là, ma passion s’enrichit d’une nouvelle esthétique, c’était un vingt huit avril ; entre les taches blanches des névés, le printemps saupoudrait de vert tendre les pâturages des crêts du Jura, le soleil élargissait les espaces et je revenais à la vie. Pendant près de deux années, maitresse loyale et patiente, la Valserine m’avait attendu ; pour nos retrouvailles, elle m’offrait ce cadeau inestimable dont je me délecte encore, quand sur elle, je vais profiter des simples plaisirs dont mon existence se nourrit. Ce jour là, ma rivière venait de me lancer un clin d’œil complice et bienveillant,

un pont pour la renaissance.
Merci à Père Castor pour les splendides photos de poisson
